Le 17 juin, le Parlement européen a adopté un règlement qui durcit de façon inédite les mesures de déportation des migrants. Les personnes refusées à la frontière pourront désormais être déportées vers des centres de rétention situés hors de l’Union européenne, dans des pays avec lesquels elles n’ont aucun lien. Ces prisons, appelées pudiquement « hubs de retour », sont inspirées du centre construit par le gouvernement italien de Giorgia Meloni en Albanie, où 90 personnes sont actuellement enfermées.
Ce règlement facilite par ailleurs le recours à l’enfermement des personnes en situation irrégulière, y compris des mineurs « s’ils ne coopèrent pas » et rallonge leur durée maximale de détention jusqu’à deux ans et demi. La police pourra par ailleurs les fouiller, perquisitionner leur logement et saisir leurs effets personnels, comme les appareils électroniques.
Cette nouvelle attaque s’inscrit dans une offensive plus large de l’Union européenne contre les étrangers. Le pacte européen sur l’asile et la migration, entré en vigueur le 12 juin, renforce l’utilisation de la rétention aux frontières et facilite l’expulsion de migrants venant de pays jugés « sûrs », comme l’Egypte ou le Bangladesh. La Commission européenne s’apprête même à négocier avec les Talibans le renvoi dans leur pays des réfugiés afghans. Bel exemple du soi-disant « humanisme européen »…
Ces mesures, soutenues par l’extrême droite, ont aussi été votées par la droite et certains eurodéputés macronistes. Benjamin Haddad, ministre de l’Europe dans les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu, les a qualifiées d’« avancée majeure ». Même de soi-disant « socialistes » comme la Première ministre danoise Mette Frederiksen les ont défendues. Ce sont ces gens qui appelaient à voter pour eux pour « faire barrage à l’extrême droite » et qui, aujourd’hui, s’accordent avec elle pour attaquer les immigrés.

