Cet été, la crise climatique a franchi un nouveau seuil qualitatif. Tous les records – de températures, de superficies brûlées, de sécheresse – ont été largement battus. L'automne pourrait être marqué par des inondations provoquées par des pluies diluviennes.
Les porte-paroles de la classe dirigeante évoquent vaguement l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais comme la trajectoire réelle s’en éloigne toujours plus, ils préfèrent insister sur la nécessité de « s’adapter » au changement climatique, désormais. Or, d’une part, il y a des limites à la possibilité de s’adapter : l’humanité ne survivrait pas au-delà de certaines températures. D’autre part, les « engagements » des politiciens bourgeois dans ce domaine sont comme les autres : creux et mensongers.
Prenons un exemple concret. En 2023, le gouvernement a créé un « fonds vert » : une enveloppe de crédits alloués aux collectivités locales pour financer des projets liés (en théorie) à la « transition écologique ». Ce fonds s’élevait à 2 milliards d’euros en 2023, puis à 2,5 milliards en 2024, à 1,15 milliard en 2025 et à 837 millions en 2026. Après un été dantesque, le gouvernement prévoit (pour le moment) de porter ce fonds à 1 milliard d’euros, soit une augmentation de 163 millions d’euros. A titre de comparaison, le budget de la Défense augmentera de 6,4 milliards d’euros, pour atteindre 73,1 milliards.
On le voit, les priorités de la bourgeoisie sont claires. Les masses crèveront de chaud, les forêts partiront en fumée, les petits agriculteurs seront ruinés, mais les intérêts de l’impérialisme français seront défendus coûte que coûte – et les généraux pourront se pâmer devant leurs nouveaux joujoux : drones, obus, missiles et autres machines à tuer.
La classe dirigeante est organiquement incapable de s’attaquer aux causes ultimes de la crise environnementale, car il lui faudrait s’en prendre à son propre système, à la course aux profits et à la propriété privée des grands moyens de production. Elle n’en fera rien – et donc nous devrons l’écarter du pouvoir. Pour que l’humanité survive et prospère, le capitalisme devra céder la place à une planification mondiale, rationnelle et démocratique de la production.
Crise et dette
Le budget pour 2027 sera à l’image du précédent : austéritaire. Lecornu devra faire en sorte qu’un nombre suffisant de députés « socialistes » acceptent de le voter, mais au final il n’y aura pas de surprises : des dizaines de milliards d’euros seront économisés sur le dos de l’écrasante majorité de la population. Les plus riches, bien sûr, seront épargnés. Et pour cause : c’est leur gouvernement.
Dans le même temps, les effets de la stagnation économique vont frapper des millions de personnes. Les données de l’Insee pointent toutes dans la même direction : croissance nulle (0 % au deuxième trimestre 2026), hausse continue du nombre de chômeurs (+11 % sur un an) et baisse du pouvoir d’achat (-0,7 % en 2026), sur fond de regain de l’inflation.
Les prévisionnistes s’accordent à dire que cette situation va perdurer. En fait, elle pourrait même s’aggraver brutalement. L’économie mondiale est saturée de dettes et de bulles spéculatives ; à tout moment, une crise financière peut éclater – comme en 2008 – et précipiter une nouvelle récession globale. La politique étrangère de Donald Trump pourrait accélérer le processus. En s’efforçant d’étouffer l’économie iranienne, l’impérialisme américain paralyse le détroit d’Ormuz et, ce faisant, soumet de très nombreux pays à des pressions colossales.
La France serait sévèrement affectée par une nette détérioration de la conjoncture internationale. En attendant, la bourgeoisie française est confrontée au dérapage incontrôlé de la dette et des déficits publics. Ce n’est pas nouveau, mais cela prend des proportions insoutenables. Du fait du déclin de l’impérialisme français, de la stagnation de son PIB et de ses investissements productifs, un cercle vicieux s’est engagé : moins la dette publique est maîtrisée, plus l’Etat français doit emprunter à des taux élevés, ce qui accroît encore l’endettement – et ainsi de suite.
Le 25 août, les taux d’intérêts des obligations d’Etat à dix ans ont atteint 4,13 % : du jamais vu depuis novembre 2008. La Cour des comptes estimait récemment qu’en 2026 le payement des seuls intérêts pourrait coûter 77,4 milliards d’euros à l’ensemble des administrations publiques. Cette même année, le budget de l’Education nationale s’élève à 63 milliards d’euros. Des quantités d’argent inouïes sont jetées en pure perte dans les coffres d’« investisseurs » qui spéculent sur la crise du capitalisme français.
Polarisation politique
Dès lors, la bourgeoisie a objectivement besoin de coupes drastiques dans les dépenses sociales – et, plus généralement, d’attaques brutales contre les conditions de vie, de travail et d’étude de la masse de la population. Elle n’a aucun autre moyen de défendre à la fois sa crédibilité, sur les marchés obligataires, et la compétitivité de ses entreprises.
C’est dans ce contexte général que va se dérouler la campagne pour l’élection présidentielle. Le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sera soutenu par des millions de jeunes et de travailleurs qui s’opposent aux politiques réactionnaires, antisociales, dont la bourgeoisie réclame la poursuite et l’intensification. Les premiers meetings de LFI l’ont montré : son candidat sera appuyé par un mouvement de masse. Le PCR y participera – tout en défendant ses idées et son programme marxistes.
La classe dirigeante, ses journalistes et ses politiciens (de droite ou « de gauche ») jetteront toutes leurs forces contre la campagne de LFI. Mensonges, calomnies, déformation systématique des propos : ils feront feu de tout bois pour tenter d’empêcher la qualification de Mélenchon au deuxième tour. Dans le même temps, les stratèges de la bourgeoisie exigeront une seule candidature du « centre », en fin de course, afin de ne pas diviser les voix d’un espace électoral qui ne cesse de fondre.
Le cas de Raphaël Glucksmann est une bonne illustration des contradictions auxquelles sont confrontés les porte-paroles de la bourgeoisie. Le Monde, par exemple, espère que Glucksmann remportera la primaire « socialiste » et que sa campagne – parce qu’il serait « de gauche » – minera la dynamique de Mélenchon. Problème : la polarisation politique est telle, désormais, que la candidature de Glucksmann pourrait prendre beaucoup plus de voix au « centre » qu’à gauche, et donc faciliter la qualification de Mélenchon.
Pour diviser les voix de la gauche, la bourgeoisie devra peut-être se contenter de la candidature de Fabien Roussel (PCF), de Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) – et, possiblement, de Marine Tondelier (Les Ecologistes). Ce n’est pas négligeable : en 2022, ces trois partis avaient recueilli au total 2,6 millions de voix, alors qu’il en avait manqué 422 000 à Mélenchon pour se qualifier au second tour.
Le rôle des communistes
La position des dirigeants du PCF est particulièrement scandaleuse. Pour justifier la candidature de Fabien Roussel, ils affirment que la défaite de Mélenchon est inévitable. Par exemple, dans un courrier envoyé à tous les militants du PCF de Paris, le 25 août, le secrétaire de cette fédération – Adrien Tiberti – déclarait que Mélenchon « perdrait face à Le Pen au second tour ». Comment le sait-il ? Eh bien, pardi, c’est ce que disent les sondages ! Donc l’affaire est pliée, selon lui : le vainqueur de la présidentielle sera Marine Le Pen ou un candidat du « centre » (c’est-à-dire de droite). Quant à la candidature du PCF, elle permettrait au moins de faire « bouger les lignes du marasme politique ». Tel est le message que les dirigeants du PCF ont choisi d’envoyer à la masse des jeunes et des travailleurs. Cela ne peut qu’aggraver la profonde crise dans laquelle ce parti a été plongé par ses directions successives.
A l’occasion de cette campagne électorale, les véritables communistes doivent tourner le dos au ridicule défaitisme des chefs du PCF. En réalité, le candidat de LFI peut remporter le scrutin des 18 avril et 2 mai prochains. Le rôle des communistes n’est pas d’y faire obstacle, mais, au contraire, d’y contribuer – tout en défendant systématiquement un programme révolutionnaire, ce que ne fera pas Mélenchon. Il faut lier la lutte pour battre la droite et l’extrême droite à l’urgente nécessité de développer l’influence des idées marxistes dans la jeunesse et le mouvement ouvrier. C’est le meilleur moyen de préparer les grandes batailles à venir.
Sommaire
Enorme succès de l'école mondiale du communisme
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Au seuil de la campagne électorale - Edito du n°103
Brèves
Etudier à l'université : un vrai parcours du combattant
Psychiatrie publique : la colère monte
Victoire de l'occupation du Samusocial
Pourquoi le PCR soutient la candidature de Mélenchon
Loi « permis de tuer » : l’Etat veut officialiser l’impunité policière
Loi Ripost : le grand fourre-tout sécuritaire
Ceuta : les migrants, l’UE et l’impasse du réformisme
Rachat de SFR : des milliers d’emplois menacés
Incendies : « Ce n'est qu'une lutte des classes »
« Le sous-effectif nous oblige à prendre des risques inconsidérés » Interview d'Abdellah Chaouch - CGT SDIS 77
Cachemire : le mouvement des masses est à la croisée des chemins
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Défendons la révolution cubaine ! A bas l'impérialisme américain ! Luttons pour le socialisme mondial !
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Le chaos mondial et la position des communistes
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