Nous relayons ci-dessous le Communiqué des salariés de Burger King d'Epinay-sur-Seine (93) en lutte depuis le 28 août. Nous appelons les organisations politiques, syndicales et associatives, ainsi que la presse, à relayer leur lutte le plus largement possible.
Depuis le vendredi 28 août, nous, salariés du Burger King d’Epinay-sur-Seine, sommes en lutte pour défendre nos droits et dénoncer nos conditions de travail.
Nous dénonçons des contrats d’alternance détournés, des missions qui ne correspondent pas à nos contrats de travail, le sous-effectif permanent, le non-paiement des heures supplémentaires, ainsi que les pressions, abus de pouvoir et licenciements abusifs de la direction.
Des contrats d'alternance détournés
Nous sommes une trentaine de salariés dans l’établissement, dont douze en « alternance », dans le cadre de contrats préparant aux titres professionnels d’« Employé polyvalent en restauration » ou d’« Assistant manager d’unité marchande ». Ces contrats prévoient 28 heures de travail en entreprise et 7 heures de formation par semaine.
En réalité, nous travaillons comme les autres salariés, mais nous sommes moins payés, sous prétexte que nous sommes « en formation ». Cette « formation » consiste en des cours en ligne ou en présentiel qui ne nous apprennent pratiquement rien. Dès notre arrivée dans l’entreprise, nous travaillons déjà comme n’importe quel salarié.
Nous venons également d’apprendre que nous sommes censés avoir des maîtres d’apprentissage en entreprise, désignés parmi les salariés en CDI. La direction en nomme sur les contrats, mais ne prévient pas les personnes concernées ! C’est illégal et montre bien que la « formation » en entreprise est fictive.
Ces contrats permettent à Burger King de bénéficier d’une main-d’œuvre à très bas coût, très précaire, dont une bonne partie est financée par de l’argent public. Pour chaque contrat, l’Etat verse jusqu’à 5 000 euros ; et comme il s’agit de contrats d’ « apprentissage », l'entreprise ne paie pratiquement pas de cotisations sociales. Le Burger King d’Epinay est ainsi principalement tenu par des alternants, puisque les CDD ou CDI restants sont surtout des contrats à mi-temps. Sur un service de 8 salariés, il arrive que 7 soient des alternants.
Nous refusons que les dispositifs de formation soient utilisés pour nous faire travailler comme les autres salariés mais avec une rémunération inférieure, sans véritable formation et sans perspective réelle d’embauche en CDI.
D’après nos informations, en deux ans, vingt-cinq salariés ont commencé ce type de formation, très peu sont arrivés jusqu’au bout. Certains quittent l’entreprise en raison des conditions de travail. D’autres, et en nombre conséquent, sont licenciés avant la fin de leur contrat. Cela permet à la direction de recruter de nouveaux salariés en alternance, et le système recommence. Ce fonctionnement permet à Burger King de renouveler continuellement une main-d’œuvre précaire et quasi-gratuite, plutôt que de nous proposer des emplois stables en CDI.
Cela permet aussi de gaver la société privée Opus formation, chargée d’assurer les « cours » des salariés de Burger King : elle a vu son résultat net passer de 645 000 euros en 2021 à 6,45 millions d’euros en 2025, soit une multiplication par dix en quatre ans ! Elle est détenue à hauteur de 60% de son capital par le fonds d’investissement Initiatives & Finances.
À cela s’ajoutent de graves problèmes concernant le paiement de nos salaires. Des heures supplémentaires ne nous sont pas payées. Nous constatons également des erreurs et des retenues injustifiées sur les fiches de paie.
Le cas de notre collègue Michel est particulièrement révélateur : le mois dernier, il n’a reçu que 4,36 euros de salaire, notamment en raison d’absences et de retards justifiés qui avaient déjà été déduits de ses précédentes fiches de paie. Michel vient en plus d'être licencié. Nous refusons de laisser une telle situation perdurer.
Nous faisons tourner le Burger King, nous effectuons les mêmes tâches que les autres salariés. Nous exigeons donc le respect de nos droits, un salaire correct et des emplois stables.
Nos revendications :
- une prime de 200 euros mensuelle pour tous les salariés ;
- la requalification de nos contrats d’alternance en CDI ;
- l’arrêt des licenciements abusifs ;
- le paiement de toutes les heures supplémentaires effectuées ;
- la réintégration de notre collègue Michel ;
- Le respect de l’obligation légale de prise en charge de nos titres de transports.
Nous invitons la presse, les organisations syndicales, politiques et associatives à nous soutenir et à médiatiser notre lutte. Nous sommes disponibles pour répondre aux demandes d’interviews, écrites ou filmées, afin de témoigner de notre situation. Nous voulons que notre mobilisation permette de révéler au grand jour les pratiques scandaleuses – et encore trop peu documentées – liées à ce type de contrat.
Nous avons déjà réalisé un jour de grève. Nous sommes soutenus par l’Union locale CGT d’Epinay-sur-Seine, l’Union départementale CGT du 93, et nous avons saisi l'inspection du travail. Pour le moment, la direction ne répond à nos revendications qu’avec mépris. Nous sommes déterminés à poursuivre la lutte, par toutes les voies nécessaires, jusqu’à ce que nos revendications soient entendues.
Comité de lutte des salariés de Burger King Epinay-sur-Seine.
Contact presse :
07 66 46 98 04

