Le nombre de régularisations de sans-papiers a chuté de 42 % sur les neuf premiers mois de 2025. C’est une conséquence directe de la circulaire Retailleau du 2 mai 2025, qui a durci l’accès aux titres de séjour. Entre janvier et septembre, 11 012 admissions exceptionnelles au séjour ont été accordées, contre 19 001 sur la même période en 2024. La baisse est particulièrement importante pour les régularisations par le travail (-54 %) et au titre de la vie privée et familiale (-58 %). Moins de 40 000 obligations de quitter le territoire (OQTF) étaient délivrées en 2010, contre plus de 140 000 en 2024.
Il y a une contradiction flagrante entre la hausse des OQTF et les intérêts immédiats du patronat. Celui-ci a besoin d’une main-d’œuvre corvéable à merci, en particulier dans les secteurs dits « en tension ». En conséquence, sur les 140 000 OQTF délivrées, moins de 20 000 sont effectivement exécutées.
Cette hausse des OQTF relève avant tout d’une manœuvre politique : le racisme, comme l’islamophobie, est utilisé par la classe dirigeante, le gouvernement et les médias pour diviser la classe ouvrière et détourner l’attention des vrais responsables de la misère, du chômage et de la régression sociale. En brandissant fièrement les chiffres des expulsions dans les médias, le gouvernement alimente cette propagande tout en essayant de séduire une partie de l’électorat du Rassemblement national. Enfin, cette politique vise à rendre plus difficile l’organisation des travailleurs sans-papiers, en les soumettant à la menace constante d’une expulsion.
Le mouvement ouvrier doit réagir fermement. Il faut dénoncer cette propagande réactionnaire et cette répression croissante, et leur opposer l’unité inconditionnelle de notre classe, au-delà des origines, des religions et des nationalités. Les syndicats doivent mener une campagne de syndicalisation des sans-papiers, mobiliser contre les OQTF et lutter pour la régularisation de tous les sans-papiers présents sur le territoire. Cela renforcerait puissamment le mouvement ouvrier et empêcherait le patronat de faire pression à la baisse sur les salaires de tous les travailleurs.
Enfin, si la classe dirigeante parvient à dresser une partie des travailleurs français contre les immigrés en les accusant d’être responsables de la pénurie d’emplois, de logements et de salaires décents, c’est parce que cette pénurie est bien réelle. Mais c’est la classe dirigeante qui licencie, spécule sur les logements et fait pression à la baisse sur les salaires. Il faut donc unir travailleurs français et immigrés dans une lutte déterminée contre le capitalisme.

